Le Chonggak Kimchi s'inscrit dans l'une des plus anciennes traditions culinaires coréennes : en automne, de petits radis altari ronds et dodus sont récoltés et utilisés entiers, feuilles comprises. Les radis soigneusement nettoyés sont d'abord marinés dans du sel de mer pour en extraire l'humidité, puis généreusement enrobés d'un assaisonnement composé de piment rouge en poudre, d'ail haché, de gingembre, de ciboule, de sauce de poisson d'anchois et de sauce de crevettes. En Corée, ce processus s'appelle « préparer le kimchi », et chaque famille perpétue sa propre recette avec ses proportions d'épices — tout comme les recettes familiales transmises de génération en génération en Europe.
Fraîchement préparé, le kimchi ressemble à une salade croquante et relevée ; avec le temps, il mûrit lentement. Les bactéries lactiques naturellement présentes dans l'assaisonnement — ce produit contient en outre la souche Leuconostoc DRC0211 — transforment progressivement les sucres du radis en acides, faisant évoluer la douceur végétale fraîche vers une saveur umami profonde et complexe. À température réfrigérée (0–4°C), la fermentation se déroule lentement, et le profil aromatique s'enrichit jour après jour, semaine après semaine.
Pour les amateurs de cuisine européenne, la fermentation du kimchi se rapproche le plus de celle de la choucroute (chou fermenté à l'allemande), mais avec un assaisonnement bien plus riche. De même que le fromage développe ses arômes au fil de l'affinage, ou que le vin acquiert sa complexité en fût de chêne — le kimchi se parfait grâce au temps. D'abord kimchi de radis frais et piquant, puis, quelques jours plus tard, kimchi « mûr » aux notes acidulées et à l'umami profond : cette transformation elle-même fait partie du plaisir de déguster le kimchi.